L'incident Vela

Publié le par Taranto

Le 22 septembre 1979, le satellite de surveillance américain Vela 6911 détectait un double éclair lumineux dans le sud de l'océan indien, quelque part à mi-chemin entre l'Afrique du sud et l'Antarctique. Selon ses mesures, il s'agissait d'une explosion nucléaire de faible intensité, entre 2 et 3 kilotonnes (l'explosion de la bombe d'Hiroshima a dégagé environ 15 kilotonnes). Cet évènement fut appelé Incident Vela.

 

 

 

Pour confirmer cette hypothèse, l'US Air Force envoya sur place un Boeing WC-135B, appareil spécialisé dans l'étude des explosions nucléaires. Il devait effectuer 25 missions sur zone sans détecter de signes de radioactivité anormale.

 

Une commission d'experts indépendants fut créée par l'administration Carter. Selon le rapport qu'elle rendit durant l'été 1980, il n'était pas possible de porter une conclusion définitive mais l'hypothèse d'un test clandestin était écartée sur la base de plusieurs données.

 

Les deux satellites Vela avait été lancés en 1969, et leur durée de vie estimée n'était que de huit ans. S'ils étaient équipés d'instruments de mesure spécialisés dans la détection des explosions nucléaires, certains de ses instruments de mesure étaient défectueux sur le 6911, notamment le détecteur d'impulsion électromagnétique. De plus son jumeau n'avait rien détecté, alors que la paire avait signalé auparavant 41 tests atmosphériques, tous confirmés par d'autres sources.

 

Un satellite Vela

 

L'entrée dans l'atmosphère de météorites est susceptible de provoquer une explosion pouvant varier entre quelques kilotonnes et quelques mégatonnes. Il n'y a pas de doubles flash lumineux comme pour les explosions nucléaires mais le satellite aurait pu enregistrer ensuite un éclair ou un reflet du soleil sur l'océan.

 

Malgré cela, certaines données semblent confirmer l'hypothèse nucléaire.

 

Le matin du 22 septembre 1979, le radio-télescope d'Arecibo détecta une perturbation électromagnétique anormale. Par ailleurs, des traces de retombées radioactives furent détectées peu après en Australie, dans des zones où les vents auraient pu les amener depuis le lieu de l'incident.

 

Il aurait pu également s'agir d'un engin nucléaire non conventionnel. Les bombes thermonucléaires, ou bombe H, utilisent comme amorce des bombes atomique de faible puissance. Autre piste, inventée aux États-Unis en 1958, la bombe à neutron fut testée dès 1963. Avec un pouvoir explosif limité, de l'ordre du kilotonne, et des retombées radioactives réduites, cela pourrait correspondre aux données relevées.

 

On peut alors s'intéresser aux possibles responsables d'un test nucléaire clandestin dans cette zone.

 

 

La France effectua son premier test de bombe à neutrons le 24 juin 1980 sur l'atoll de Mururoa. Elle pouvait disposer de la technologie nécessaire quelques mois plus tôt et l'archipel des îles Kerguelen n'est pas situé très loin de la zone de l'incident. Cependant on n'y trouve qu'une base scientifique sans grands moyens techniques.

 

Non loin de la zone de l'incident se trouve aussi l'archipel du Prince-Edouard, appartenant à l'Afrique du Sud depuis 1948 et situé à 1 800 km des cotes sud-africaines. A cette période, Prétoria développait effectivement un programme d'armes nucléaires, malgré un embargo décrété par les Nations-Unies.

 

Pourtant, les dossiers obtenus depuis la chute de l'apartheid n'ont pas confirmés cette hypothèse. Au moment de l'incident, l'Afrique du Sud ne disposait pas de la technologie nécessaire et toutes les charges nucléaires créées ont bien été identifiées.

Sauf si la charge n'était pas originaire d'Afrique du Sud, mais d'un autre pays soucieux de ne pas rendre public une grave violation de l'embargo des Nations-Unies.

 

En février 1994, l'ancien espion soviétique Dieter Gerhardt déclara dans le Johannesburg City Press que l'incident Vela était le résultat d'un test nucléaire conjoint entre l'Afrique du Sud et Israël. Il ne donnait pas de preuves de cette affirmation, ne faisant que relater ce qui lui avait été dit à cette époque, alors qu'il commandait la base navale de Simonstown.

 

En 2006, l'ancien officier de la CIA Tyler Drumheller déclarait dans son livre On the Brink que le gouvernement de l'apartheid avait bel et bien effectué en 1979 un test nucléaire avec l'assistance des Israéliens.

 

Il n' y a pas eu depuis de confirmations par des sources officielles.


L'article Wikipedia sur l'incident Vela

 

 

Un autre article complet sur le sujet (anglais)

 

 

 

 

 

 

Publié dans Histoire secrète

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